Quand la ferme devient une destination, BioTED forme ses premiers éco-conseillers ruraux

A l’Institut National Agronomique de Tunisie, une page s’est tournée en 2025. La toute première promotion d’éco-conseillers ruraux du projet BioTED a reçu ses certificats. Derrière cette cérémonie, une idée simple, aider visiteurs, sans abîmer la terre ni oublier ceux qui la travaillent.
Une coopération solide pour une vision à long terme
BioTED ne s’est pas construit en solitaire. Il repose sur une collaboration entre la Tunisie et la Belgique, qui réunit la Direction Générale de l’Agriculture Biologique, un consortium belge dont fait partie de l’Institut Eco-Conseil, l’Office National du Tourisme Tunisien et plusieurs centres de recherche agricole.
Ensemble, ces partenaires veulent bâtir une vraie filière d’agritourisme biologique, en phase avec la stratégie nationale 2030. L’objectif est clair, faire de cette activité un moteur d’économie circulaire, où ce qui est produit localement profite d’abord au territoire.
Sur le terrain, des projets pilotes sont lancés dans les cinq grands bio-territoires du pays, qui reflètent la richesse et la variété de ses paysages. La démarche mise sur une approche globale. On y mélange agriculture, accueil des visiteurs et vie sociale, tout en protégeant le patrimoine naturel et culturel de chaque région.
Un nouveau métier entre champs et accueil des voyageurs
Vingt-six personnes ont obtenu leur certification d’éco-conseiller rural. Elles viennent des Commissariats Régionaux au Développement Agricole et au Tourisme. Leur parcours s’est déroulé sur dix sessions de formation, pensées pour leur apprendre à guider les projets d’accueil à la ferme, en intégrant l’agriculture biologique et les pratiques respectueuses de l’environnement. Leur rôle consiste à travailler main dans la main avec les habitants et les porteurs de projet, afin que l’accueil touristique soit pensé intelligemment. Il s’agit de mettre en avant les savoir-faire du coin, de garder un équilibre entre les régions et d’éviter que le tourisme ne dénature les lieux.
Ce métier, à la frontière de deux mondes, offre aussi de nouvelles chances. Les agriculteurs peuvent compléter leurs revenus, et les jeunes comme les femmes des zones rurales trouvent là une porte d’entrée vers l’emploi et l’indépendance économique.
Rapprocher les villes et les campagnes
BioTED ne se limite pas à l’argent. Le projet cherche aussi à rapprocher ceux qui vivent à la campagne et ceux qui habitent en ville. Des rencontres sont organisées, et les visiteurs sont invités à découvrir une Tunisie authentique, faite de produits locaux et de circuits courts. Ce tourisme à taille humain aide les communautés rurales à mieux affronter les changements du monde actuel. Il permet une croissance qui respecte la nature plutôt que de la sacrifier.
La sortie de cette première promotion montre que la Tunisie veut miser sur un tourisme de qualité, qui valoriser à la fois ses ressources naturelles et le talent de ses habitants. En mêlant innovation, formation spécialisée et coopération internationale, BioTED trace une route prometteuse pour diversifier l’agriculture du pays.
Reste à voir jusqu’où l’initiative ira. Mais avec l’engagement conjoint des institutions et des acteurs locaux, elle semble bien partie pour s’étendre et donner un nouveau souffle au monde agricole tunisien, tout en offrant aux voyageurs une expérience plus responsable et plus riche de sens.